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Étienne Daho

Réévolution

Machiavélique alchimiste
5
Première impression très décevante. Le package tout d'abord, avec cette impression de déjà vu. Le contenant ensuite avec cette sensation de déjà entendu. Alors que certains artistes proposent des Suvres complexes pour lesquelles plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir obtenir les "clefs" qui permettent de les apprécier, Daho nous rejoue un tour pendable et déjà si réussi avec son précédent opus "Corps et armes". Une apparente simplicité, voire banalité qui laisse perplexe à la première écoute. Forcément, on pense : cette fois, il s'est vraiment fourvoyé. Puis, presque par réflexe, on rejoue la galette en question à deux ou trois reprises. Là, quelques morceaux émergent. A chaque nouvelle tentative, on s'étonne alors de trouver envoutantes des mélodies qui nous semblaient jusque là sans intérêt. D'être touchés par des mots que l'on trouvait naïfs. Puis, peu à peu, chaque morceau gagne en supplément d'âme. Chaque mélodie nous transporte, chaque arrangement nous émeut, chaque mot nous parle. Et l'on se découvre une véritable addiction pour un disque que l'on vouait quelques jours avant aux gémonies. Justement, ce type est un démon. NB : C'est peut-être la pochette, mix entre le profil ombré de "Corps et Armes" et le noir et blanc radical de Nick Knight "Paris Ailleurs" qui nous donne la "clef". Cet album n'est autre qu'une incroyable alchimie entre le lyrisme éthéré du premier et la pop soyeuse du second. Bref, un filtre d'amour aux effets pernicieux que l'on goûte sans même s'en rendre compte.
Anonyme, Paris, le 26 janvier 2004

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