Elisabeth Schwarzkopf
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Biographie de Elisabeth Schwarzkopf
Olga Maria Friederike Schwarzkopf naît le 9 décembre 1915 à Jarotchin, près de Poznan. Son père, Friedrich, est un instituteur prussien à la mentalité rigide qui lui fait don de son intransigeance et de sa passion pour la langue allemande. Sa mère, née Elisabeth Fröhling, la gratifie d’une oreille musicale très sûre, d’une volonté de fer, et de son prénom.
Dès l’âge de 10 ans, Elisabeth déchiffre parfaitement les partitions, s’accompagne elle-même au piano et chante souvent dans des concerts amateurs, ce qui lui permet de tenir le rôle-titre de l’Orphée et Eurydice de Glück dans la production de fin d’année de son école de Magdebourg, en 1928.
Studieuse, appliquée, elle est facilement reçue à la Hochschule für Musik de Berlin en 1934 où son premier professeur, une certaine Lula Mysz-Gmeiner, décide qu’elle a une tessiture de mezzo-soprano. Sa mère proteste fermement, et obtient qu’Elisabeth aoit acceptée dans la classe du Professeur Egonolf comme soprano colorature. C’est le 15 avril 1938 qu’elle fait ses débuts comme l’une des filles-fleurs de Klingsor dans le Parsifal de Richard Wagner, sous la baguette de Karl Böhm, puis comme l’un des trois pages de la Flûte enchantée de Mozart.
Elle n'a pas encore 18 ans lorsque Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Comme bon nombre de jeunes artistes, elle s’inscrit, dès 1935, au syndicat des étudiants nazis. En 1938, elle demande son adhésion au Parti national-socialiste. Mais si on lui offre des rôles plus importants — que ce soit dans l’opérette aussi bien que dans les productions de Richard Strauss — c’est aussi parce que son talent est déjà exceptionnel.
Le compositeur du Chevalier à la Rose la recommande à sa cantatrice fétiche, Maria Ivogun, qui la prend comme élève. Le chef d’orchestre Karl Böhm l’invite à Vienne, où elle touche un public de connaisseurs dans ses interprétations de Lieder, accompagnée par le pianiste Michael Raucheisen, avec qui elle réalise ses premiers enregistrements.
En septembre 1941, elle fait entrer La Chauve-Souris de Johann Strauss II au répertoire de l'Opéra de Paris devant un public de sympathisants de l'armée d'occupation. Ce début de carrière est interrompu brutalement par un début de tuberculose qu’elle devra soigner pendant deux ans dans un sanatorium des Monts Tatras, dans le sud de la Pologne, où le Gauleiter Hans Frank lui fera une cour assidue.
Guérie, c’est en 1944 qu’elle fait ses vrais débuts à Vienne : Rosine, du Barbier de Séville, Blondine, de L’Enlèvement au Sérail, Zerbinetta d’Ariane à Naxos.
Après la défaite de l’Allemagne, son appartenance au parti nazi et ses liens avec Hans Frank et Joseph Goebbels, ministre de la propagande d’Hitler, lui vaudront de passer devant le tribunal de dénazification des artistes de Berlin. Ce tribunal l’acquittera, ainsi que bien d’autres artistes, comme par exemple son ami le chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, dont le rôle dans l'Allemagne nazie demeure quand même sujet à caution. C’est alors que commence une carrière internationale d’une incomparable qualité, sous la houlette d’un producteur et directeur artistique anglais, Walter Legge qu’elle épousera en 1953.
À Vienne, elle chante les rôles de Mimi (La Bohême) et de Violetta (La Traviata). À Londres, en 1947, elle est Donna Elvira (Don Giovanni de Mozart). La même année, elle est Susanne à Salzbourg (Les Noces de Figaro). Herbert von Karajan l’engage à la Scala de Milan où elle chantera Mozart (La Flûte enchantée, Cosi fan Tutte), Wagner (Tannhäuser), Gounod (Faust), Richard Strauss (Le Chevalier à la rose), Debussy (Pelléas et Mélisande).
En 1950, elle est Marcelline dans le Fidelio, sous la baguette de Furtwängler. En 1951, elle crée, à Venise, le rôle d’Anne Trulove dans l’opéra The Rake's Progress (La Carrière d'un libertin) sous la direction du compositeur, Igor Stravinski. En 1953, pour le cinquantenaire de la mort de Verdi, elle chante le Requiem, sous la direction de Vittorio de Sabata. La même année, elle créé Le Triomphe d’Aphrodite de Carl Orff. En 1955, à San Francisco, elle est la maréchale dans Le Chevalier à la rose de Richard Strauss. La même année, elle est Alice Ford dans le Falstaff de Verdi.
En 1957, sous la direction de Tullio Serafin, elle est Liù, (Turandot de Puccini) aux côtés de Maria Callas dans le rôle-titre. Elle ne fera sa première apparition au Metropolitan de New York qu’en 1964 (Le Chevalier à la Rose), car Rudolf Bing, le directeur du Met s’opposera longtemps à la venue de certains artistes dont il conteste la « dénazification ».[1] De 1960 à 1967, elle se concentre surtout aux rôles mozartiens : donna Elvira, la comtesse Almaviva, Fiordiligi et ses deux opéras fétiches de Richard Strauss : Le Chevalier à la rose et Capriccio (rôle de Madeleine). Durant toute cette carrière dédiée au théâtre lyrique, elle reste fidèle aux Lieder de langue allemande par de nombreux récitals : Beethoven, Glück, Mahler, Mendelssohn, Mozart, Max Reger, Schubert, Schumann, Richard Trunk, Hugo Wolf, Hermann Zilcher…
On notera en particulier tous ceux qu’elle a réalisés avec le pianiste Gerald Moore, ceux chantés avec les sopranos Irmgard Seefried ou Victoria de Los Angeles, la mezzo-soprano Christa Ludwig et le baryton-basse Dietrich Fischer-Dieskau (Des Knaben Wunderhorn de Gustav Mahler et les Deutsche Volkslieder de Brahms) sans oublier les recueils légendaires : Récital Schubert en 1952 avec Edwin Fischer ; Récital Hugo Wolf, avec Wilhelm Furtwängler au piano en 1953 ; Récital Mozart en 1956 avec Walter Gieseking ; Les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss avec George Szell en 1965 ; Des Knaben Wunderhorn de Gustav Mahler avec le même Szell en compagnie de Fischer-Dieskau en 1968…
À partir de 1971, elle ne chante plus sur les scènes lyriques. Le 19 mars 1979, son mari Walter Legge, qui venait de subir un infarctus, veut pourtant assister au récital qu’elle donne à Zurich. Il meurt trois jours après, et Schwarzkopf ne se produit plus jamais en public. Elle lui consacrera un livre sous forme d’autobiographie, On and Off The Record qui, curieusement mais avec son assentiment, sera traduit en français par La Voix de mon maître. Elle se consacre désormais à l’enseignement, donnant en particulier des classes de maître devenues légendaires. Faite « Dame Commander of the Most Excellent Order of the British Empire (DBE) » par la reine Élisabeth II en 1992, Elisabeth Schwarzkopf décède le 3 août 2006 dans la petite ville autrichienne de Schruns, dans le Vorarlberg, où elle vient de s’installer.
(Source Wikipédia)
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