Un monument !
La discographie des Vêpres Sicliennes est l'une des plus désolantes qui soient : aussi cet enregistrement du Maggio 1951, en dépit d'une qualité sonore assez décevante, s'impose-t-il comme la référence stylistique et théâtrale de cette oeuvre méconnue, en ce qu'il réunit sous la baguette de l'excellent Kleiber ces deux monstres que sont Callas et Christoff. L'Arrigo de Kokolios ne séduit pas toujours ; le Monfort de Mascherini laisse une impression mitigée... mais que dire à l'écoute du GRANDIOSE O tu Palermo de Christoff : son Procida, noble et véhément, est idéal ! Quant à Callas, elle surmonte les incroyables difficultés techniques d'un rôle étrange : son In alto mare est un leçon de déclamation dramatique ; ses duos avec Arrigo donnent à entendre les qualités pathétiques de son impeccable legato ; si son boléro n'égale pas la perfection de celui qu'elle enregistra en 1954 (Grands Airs Lyriques et Coloratures), son Arrigo, ah parli a un core est digne de figurer au sommet de toute anthologie du beau chant : elle stupéfie par la fluidité de son échelle chromatique et surtout par une vertigineuse descente de deux octaves et demie ! Deux immenses interprètes, donc, capables de révéler les beautés de cet opéra trop souvent négligé.

Note : Note de l'internaute :5/5

Clermont-Ferrand, 28/08/2010
1 personne sur 1 a trouvé ce commentaire utile.
Cet avis vous a-t-il été utile ? Oui Non
Faites connaître cet avis :
Erroné !
La critique a loué cette Somnambule pour ses recherches philologiques, alors qu'elle eût dû la vitupérer à l'envi en ce qu'elle viole la tradition du chant bellininien : une partition tronquée et surtout, un rôle-titre dont on sait qu'il fut créé par la Pasta - celle-là même qui créa Norma -en "parfait" désaccord avec le profil vocal de notre colorature nationale. Certes, notre chère Natalie chante joliment le plus souvent, quoique ses aigus soient fibreux et de moins en moins bien contrôlés, mais elle multiplie les erreurs stylistiques dans une oeuvre aussi fragile qu'une douce porcelaine : des coups de glotte dans le récitatif lunaire d'Amina à l'acte II !! On rêve ! Des vocalises tronquées dans la première strophe de l'Ah, non giunge, sous couvert de philologie... mais, pourtant, une immonde cadence à la fin de l'air ! Incohérences très dommageables, et probablement imputables à un mauvais maestro, Pido, dont la direction est dormitive ! Replongez-vous dans les grandes versions de Callas et de Scotto, pour l'amour de Bellini et du beau chant !

Note : Note de l'internaute :2/5

Clermont-Ferrand, 26/08/2010
2 personnes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile.
Cet avis vous a-t-il été utile ? Oui Non
Faites connaître cet avis :
S'il n'en fallait qu'une...
Passons sur la qualité du son, mauvaise, certes, mais anecdotique devant l'historicité du document. D'abord, la direction racée de Giulini : qu'on prenne seulement la peine d'écouter son prélude et la scène 2 de l'acte II (les cordes de l'Invitato a qui seguirmi !), et l'on comprendra que cette Traviata ne se peut comparer à d'autres ; elle est à part. Cela se vérifie avec le timbre ensoleillé, quoique un peu générique, de l'Alfredo de Di Stefano, avec l'élégant Bastianini qu'on ne présente plus... et surtout avec Callas, au sommet d'elle-même. Retenons seulement deux moments, aux deux extrémités de l'extraordinaire éventail dramatique de Violetta : le Gioir, avec son contre-ré flamboyant et sa ligne colorature à l'impeccable legato ; et la Se una pudica vergine, couronné d'un fantomatique et pathétique La pianissimo. Tout est dit : il n'y aura jamais qu'une seule Violetta !

Note : Note de l'internaute :5/5

Clermont-Ferrand, 26/08/2010
Cet avis vous a-t-il été utile ? Oui Non
Faites connaître cet avis :
Pourquoi pas ?
Il est de notoriété publique que Bartoli excelle dans le répertoire baroque : ses superbes albums consacrés à Salieri et à Vivaldi en sont la preuve éclatante. Le présent disque participe donc davantage d'une curiosité que d'une révélation. Si les trois grandes scènes belliniennes sont fatales à Bartoli (à ce propos, qu'on me pardonne de rappeler un truisme : "Casta diva" -l'hymne à Diane- se traduit par "chaste déesse" et non par *"chaste diva"!?), elle brille pourtant dans l'air d'Irène, dans Inès de Castro et réjouit dans Rataplan et dans la Tyrolienne. Certes, Bartoli n'est pas Callas, mais elle reste une grande artiste.

Note : Note de l'internaute :3/5

France, 19/08/2010
Cet avis vous a-t-il été utile ? Oui Non
Faites connaître cet avis :
Un enregistrement qui fera date!
Il faut être juste : cette version est probablement la meilleure de la discographie moderne. Tout y respire un souffle formidable de tragique et la vigueur de l'orchestre est grisante. Plasson dirige avec maestria des choeurs excellents et des solistes de haute volée, en parfaite harmonie. Les médiocres Don José des versions Los Angeles et Callas s'éclipsent devant le génie d'Alagna. Même Domingo ne fait pas le poids! Quant à Georghiu, sa large tessiture (bien que parfois un peu frêle dans le grave), sa belle diction et son sens dramatique en font une des plus brillantes Carmen, à l'égal de Bumbry. La sécheresse de Berganza, les déficiences vocales de Callas, les minauderies de Los Angeles n'en sont que plus flagrantes. Carmen n'avait pas trouvé sa voix d'or : voilà qui est fait!

Note : Note de l'internaute :5/5

Clermont-Ferrand, 03/10/2008
Cet avis vous a-t-il été utile ? Oui Non
Faites connaître cet avis :
 
Veuillez patienter...

Veuillez patienter...