Ce roman basé sur des personnages et faits historiques se lit comme une succession de tableaux, parfois à la Jérôme Bosch dans la description pittoresque du vieux Marseille, des gueux et truands, parfois riches enluminures. Une palette de femmes fortes, guerrières, rompues à tous les coups et aux joutes d'amour mais qui n'en restent pas moins femmes avec leurs émois secrets. Un panel de dames hautes en couleurs que portent leurs chevaliers au tournoi. Un roman riche et complet sur la vie au 12è siècle en Provence dans cette Cour d'Amour où rivalisent sens de la justice et de l'honneur mais aussi félonie et jalousie. Sans oublier les pratiques maléfiques des sorcières noires de Signes. Les hommes ont aussi leur place ; on vibre aux aventures des croisés et templiers en Terre Sainte ou en Provence, tant au combat que dans celui de la quête amoureuse. Se distinguent la belle Aubeline d'Aups, la géante muette Bérarde, la puissante Stéphanie des Baux ou le preux Jean d'Agnis. Du grand Jean-Michel Thibaux qui nous offre un magistral voyage médiéval!
Note :
Grenoble, 02/04/2011
370 personnes sur 370 ont trouvé ce commentaire utile.
Etonnante suite de cette grande fresque qu'est "La Malédiction de l'Ankou". Où l'on voit les hommes continuer à s'entredéchirer dans une terrible guerre et lutter contre un nouvel ennemi : la grippe espagnole. Où l'Ankou engrange inlassablement son tribut d'âmes et... en négocie certaines ! Où l'amour tant attendu peut s'épanouir sur l'âpre et truculente terre bretonne. Où une poule est une héroïne. Où certains personnages malfaisants découvrent leur rédemption... et deviennent, de ce fait, sympathiques. Où l'on a droit à de surprenantes apparitions, telles celle du jeune Hitler ou de l'abbé Saunière, toujours en quête sur la piste de l'ésotérisme et de l'or. Et une fin qui vaut à elle seule son pesant d'or ! Un récit qui coule aussi facilement que les plumes alertes, sombres ou malicieuses de ses auteurs, Jean-Michel Thibaux et Jean-Pierre Paumier. Une maestria qui nous fait regretter de tourner la dernière page.
Note :
Grenoble, 07/06/2010
24 personnes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile.
J.M.Thibaux et J.P.Paumier ont écrit à quatre mains un roman âpre, violent, enracinné dans la terre, celle de Bretagne et de Provence, mais aussi celle ensanglantée des tranchées, avec des héros bien campés et de nombreux personnages, secondaires mais tout aussi attachants. L'Ankou tient une place de choix, dans son rôle terrifiant de faucheur récoltant sa moisson d'âmes, un tribut que lui offre la folie des hommes en guerre. Un Ankou qui, au final, se montre presque "humain" car il est sans haine, ne fait que remplir sa "tâche" bien lourde. Un roman d'une puissance évocatrice hallucinante où l'horreur, la rudesse et le suspense côtoient l'émotion et la tendresse, où l'on espère que l'amour sera plus fort que la mort. Un livre dont on ne sort pas "indemne", qui vous colle à la peau, et dont j'attends avec impatience le second tome. C'est aussi le plus impressionnant et réaliste "documentaire" sur 14-18 que je connaisse. A lire absolument !
Note :
Grenoble, 24/04/2010
31 personnes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile.
Un roman où l'on retrouve les héros et thèmes chers à JMT, la puissance du terroir d'où ils sont issus, quand le mistral exacerbe les passions. Une quête d'or mais aussi d'identité et de reconnaissance paternelle pour le jeune forgeron. Les femmes y sont toujours très fortes, détentrices de secrets ancestraux et de plantes médicinales, face à la religion omnipuissante. Des hommes et des femmes qui se déchirent et qui s'aiment, se combattent et s'entraident, dans une noirceur où naît le miracle d'un coeur pur. Un style coulant mais percutant, succession d'images où s'exerce un oeil de peintre qui croque personnages et paysages provençaux entre sensualité et horreur, parfois pittoresque et toujours envoûtant. Un des plus grands romans de JMT qui se lit d'une traite puis se relit en savourant, quitte à rester sur sa faim.
Note :
Grenoble, 06/07/2009
15 personnes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile.